477 € brut par mois. C'est ce que perçoit un apprenti de 16 ans en 1re année de formation. Sur le papier, la formule semble simple. En pratique, la fiche de paie réserve souvent des surprises, notamment depuis la réforme des cotisations sociales entrée en vigueur en janvier 2025. Entre les tranches d'âge, les années de formation, les conventions collectives et les majorations méconnues, l'écart entre ce qu'on anticipe et ce qu'on perçoit réellement peut être saisissant.
TL;DR : Cet article en bref
- Grille 2026 : de 27% du SMIC (477 €) pour les moins de 18 ans en 1re année à 100% du SMIC (1 801,80 €) pour les 26 ans et plus, quelle que soit l'année de formation.
- Réforme 2025 : l'exonération de cotisations passe de 79% à 50% pour les rémunérations dépassant 50% du SMIC, soit environ 4 à 5% de net en moins pour les tranches concernées.
- Majorations méconnues : secteur public (+10 à 20%), reconversion professionnelle (+15 points), maintien du palier salarial en cas d'enchaînement de contrats chez le même employeur.

La grille salariale 2026 : combien gagne un apprenti selon son âge et son année ?
La rémunération d'un apprenti repose sur 2 variables croisées : la tranche d'âge au moment de la signature du contrat et l'année de formation en cours. Le montant brut mensuel est calculé en appliquant un pourcentage au SMIC mensuel brut 2026, fixé à 1 801,80 €. Ce que l'on sait moins, c'est que le changement de tranche est automatique : il intervient le 1er jour du mois civil suivant la date d'anniversaire, ou au début d'une nouvelle année de formation, sans qu'aucun avenant au contrat soit nécessaire.
Le tableau ci-dessous présente l'ensemble des montants bruts mensuels applicables en 2026 :
| Âge | 1re année | 2e année | 3e année |
|---|---|---|---|
| Moins de 18 ans | 27%, 477 € brut | 39%, 687 € brut | 55%, 970 € brut |
| 18 à 20 ans | 43%, 758 € brut | 51%, 900 € brut | 67%, 1 182 € brut |
| 21 à 25 ans | 53%, 935 € brut | 61%, 1 075 € brut | 78%, 1 375 € brut |
| 26 ans et plus | 100%, 1 801,80 € brut | 100%, 1 801,80 € brut | 100%, 1 801,80 € brut |
| Base de calcul | SMIC mensuel brut 2026 : 1 801,80 € |
Ces montants constituent des planchers légaux, valables pour l'essentiel des contrats du secteur privé. Dans le secteur public ou en cas de situation particulière (reconversion, handicap, enchaînement de contrats), des majorations viennent s'y ajouter, et peuvent représenter plusieurs centaines d'euros de plus chaque mois.
Moins de 18 ans : les montants détaillés
Les apprentis de moins de 18 ans représentent la tranche la plus jeune, et de fait la moins rémunérée de la grille. La loi autorise l'entrée en apprentissage dès 15 ans révolus, à condition d'avoir achevé la scolarité obligatoire au collège. Pour compenser cette rémunération modeste, des dispositifs d'aide spécifiques sont souvent renforcés : hébergement au sein du CFA, passes transport, tarifs réduits dans les restaurants universitaires. Les montants bruts mensuels pour chaque année de formation sont les suivants :
- 1re année : 27% du SMIC, soit 477 € brut mensuel
- 2e année : 39% du SMIC, soit 687 € brut mensuel
- 3e année : 55% du SMIC, soit 970 € brut mensuel
18 à 20 ans : ce qui change à la majorité
Le passage à 18 ans génère un gain immédiat et automatique. En 1re année, la rémunération bondit de 477 € à 758 € brut mensuel, soit un écart de 281 € en faveur de l'apprenti dès le premier jour du mois suivant son anniversaire. En 2e année, elle atteint 51% du SMIC (900 €), et 67% (1 182 €) en 3e.
Ce changement de tranche intervient le 1er jour du mois civil suivant la date d'anniversaire, conformément à l'article D6222-26 du Code du travail, sans qu'aucune démarche de la part de l'apprenti ou de l'employeur ne soit requise. Un exemple concret : Léa, 17 ans en septembre 2025, fête ses 18 ans le 14 février 2026. Son salaire passe de 477 € à 758 € brut à compter du 1er mars 2026, automatiquement.
21 à 25 ans : entre SMIC et salaire conventionnel
Pour les apprentis de 21 à 25 ans, la grille s'établit à 53% du SMIC en 1re année (935 € brut), 61% en 2e année (1 075 €) et 78% en 3e année (1 375 €). Ces pourcentages sont des planchers. Là où la situation devient plus complexe, et souvent plus favorable, c'est lorsque la convention collective de branche entre en jeu.
En vertu du principe du salaire le plus favorable, si le minimum conventionnel de la branche dépasse le SMIC, c'est lui qui sert de base de calcul. Dans le BTP ou l'hôtellerie-restauration, le salaire minimum de référence peut dépasser 2 000 € brut mensuel. Un apprenti de 22 ans en 2e année dans le BTP ne touche donc pas 61% de 1 801,80 € (soit 1 075 €), mais 61% du minimum conventionnel, ce qui peut représenter plusieurs centaines d'euros supplémentaires. Le mécanisme précis est détaillé dans la section suivante.
26 ans et plus : le SMIC complet ou presque
À 26 ans et plus, la décote disparaît totalement. L'apprenti perçoit 100% du SMIC (1 801,80 € brut mensuel) ou du minimum conventionnel de branche si celui-ci est plus élevé, et ce quelle que soit l'année de formation en cours. Contrairement aux tranches inférieures, il n'existe aucune progression inter-années.
Cette tranche concerne principalement les reconversions professionnelles, les reprises d'études tardives et les parcours de VAE (Validation des Acquis de l'Expérience). L'apprenti y bénéficie d'un statut de salarié à part entière, sans la moindre décote sur son salaire.
⚠️ Certaines conventions collectives prévoient un minimum supérieur au SMIC même pour cette tranche : vérifiez toujours la convention applicable à votre secteur avant de fixer la rémunération.
Calcul du salaire en apprentissage : comment ça marche concrètement ?
La mécanique de base est linéaire : SMIC mensuel brut 2026 (1 801,80 €) multiplié par le pourcentage correspondant à la tranche d'âge et à l'année de formation. Mais le SMIC peut être revalorisé en cours d'année, comme ce fut le cas en mars 2025, ce qui implique une mise à jour automatique des rémunérations. C'est précisément pourquoi utiliser un logiciel de paie performant paramétré avec les grilles en vigueur évite les erreurs de calcul et les régularisations a posteriori.
Résultat : le vrai point de complexité n'est pas le calcul standard, mais son articulation avec les conventions collectives de branche. En vertu de l'article D6222-26 du Code du travail, lorsqu'un accord de branche prévoit un salaire minimum supérieur au SMIC, ce minimum se substitue à la base SMIC pour le calcul de la rémunération. La règle est celle du salaire le plus favorable : l'apprenti ne peut jamais percevoir moins que le plus élevé des 2 montants de référence.
Un exemple chiffré pour rendre cela concret. Un apprenti de 22 ans en 2e année travaille dans le BTP, où le salaire minimum conventionnel de référence est de 1 950 € brut mensuel. Son salaire n'est pas 61% de 1 801,80 € (1 075 €), mais 61% de 1 950 € : soit 1 189,50 € brut. La différence, 114,50 € par mois, représente un gain annuel de 1 374 € que beaucoup d'apprentis et d'employeurs ignorent faute d'avoir consulté la convention applicable.
Nous recommandons de consulter systématiquement la convention collective applicable avant de fixer la rémunération d'un apprenti. Dans certains secteurs comme le BTP, l'hôtellerie-restauration ou le transport, la base conventionnelle dépasse le SMIC et peut revaloriser la rémunération de plusieurs centaines d'euros par mois. Une erreur de calcul en défaveur de l'apprenti constitue une infraction au droit du travail, exposant l'employeur à un rappel de salaire et à des pénalités.
Contrat de professionnalisation : une grille qui ne progresse pas dans le temps
L'apprentissage n'est pas la seule voie de l'alternance. Le contrat de professionnalisation relève d'un cadre juridique distinct (articles L6325-1 et suivants du Code du travail, quand l'apprentissage dépend des articles L6222-1 et suivants). Sa logique de rémunération est différente : le taux est déterminé une fois pour toutes à la signature, en fonction de 2 critères fixes, et ne bouge plus en cours de contrat.
Le premier critère est le niveau de qualification visé par la formation : en dessous du bac, ou égal et supérieur au bac. Le second est l'âge du bénéficiaire au début du contrat, avec 2 tranches de référence (16 à 25 ans, puis 26 ans et plus). Ces 2 paramètres croisés fixent un pourcentage qui reste stable, sans progression annuelle comparable à celle de l'apprentissage.
Les montants 2026 s'échelonnent de 55% du SMIC à 100% du SMIC, ou 85% du salaire minimum conventionnel selon la branche. Pour les 26 ans et plus, la règle de droit commun retient soit 85% du salaire minimum conventionnel applicable, soit 100% du SMIC si ce dernier est plus favorable, un plancher qui peut être amélioré par accord de branche. Ce barème est structurellement moins généreux que celui de l'apprentissage pour les profils juniors, mais il offre une visibilité immédiate sur le salaire dès la signature.
Les cas de majoration du salaire apprenti
La grille standard n'est pas immuable. Plusieurs situations ouvrent droit à des majorations qui s'ajoutent aux pourcentages de base, et qui restent, dans les faits, largement méconnues des apprentis comme de leurs employeurs. Pourtant, elles peuvent représenter plusieurs centaines d'euros supplémentaires chaque mois.
Secteur public et fonctions publiques
Les 3 fonctions publiques (État, territoriale et hospitalière) appliquent des grilles de rémunération majorées pour leurs apprentis. La majoration s'applique sur l'ensemble du salaire de base, dès le 1er jour du contrat, indépendamment de l'année de formation et du diplôme préparé.
| Fonction publique | Majoration | Exemple : apprenti 19 ans, 2e année (base 51% du SMIC) |
|---|---|---|
| État | +10% | 61% du SMIC, soit 1 075 € brut mensuel |
| Territoriale | +20% | 71% du SMIC, soit 1 252 € brut mensuel |
| Hospitalière | +20% | 71% du SMIC, soit 1 252 € brut mensuel |
Pour un apprenti de 19 ans en 2e année dans une mairie, la différence avec le secteur privé atteint 352 € brut par mois. Sur une année complète, cela représente 4 224 € supplémentaires. La majoration ne dépend ni de la performance de l'apprenti ni d'une ancienneté particulière : elle est automatique et inscrite dans le statut de la fonction publique concernée.
Prolongation ou nouveau contrat chez le même employeur
Lorsqu'un apprenti enchaîne un 2e contrat chez le même employeur pour viser un diplôme de niveau supérieur, une règle de protection entre en jeu : il conserve le pourcentage atteint lors de la dernière année du 1er contrat. Son salaire ne repart donc pas de la case départ.
Prenons un exemple concret. Un apprenti de 21 ans achève un CAP en 3e année avec une rémunération correspondant à 61% du SMIC (1 075 € brut). Il s'engage immédiatement sur un Bac Pro chez le même employeur. Sa rémunération en 1re année de ce nouveau contrat reste à 61%, et non à 53% comme le prévoit la grille standard pour cette tranche d'âge en 1re année. Le gain par rapport à un démarrage classique est de 140 € brut mensuel, soit 1 680 € sur l'année.
Reconversion et apprentis en situation de handicap
La reconversion professionnelle via l'apprentissage ouvre droit à une majoration significative. Lorsqu'un apprenti prépare un diplôme de niveau inférieur à celui qu'il possède déjà, la loi prévoit une majoration de 15 points (article L6222-37 du Code du travail). Un ingénieur qui se reconvertit en passant un CAP cuisine à 28 ans ne perçoit pas 100% du SMIC, mais 115%, soit environ 2 072 € brut mensuel. Le cadre légal des salaires encadre précisément ces cas de figure, qui répondent à une logique de compensation du différentiel de revenu lié à la reconversion.
Pour les apprentis en situation de handicap, les dispositions sont différentes mais tout aussi protectrices. La durée du contrat peut être étendue jusqu'à 4 ans (contre 3 en règle générale), avec maintien intégral de la grille de rémunération sur toute la période prolongée. Des aménagements horaires et pédagogiques sont également prévus selon les besoins, en lien avec le médecin du travail et le référent handicap du CFA. Ces aménagements ne diminuent pas la rémunération.
Réduction de durée et changement d'employeur : votre position est protégée
La durée de formation n'est pas figée, et sa variation a un effet direct sur la grille. Lorsqu'un apprenti justifie d'acquis antérieurs reconnus par le CFA ou l'employeur, le contrat peut être ramené à 6 mois minimum. Dans ce cas, l'apprenti entre directement en 2e année de rémunération, sans passer par le palier inférieur de la 1re année.
Rompre un contrat pour en signer un autre chez un nouvel employeur ne remet pas non plus les compteurs à zéro. La jurisprudence et les instructions de la DGEFP convergent : l'apprenti conserve le positionnement acquis dans la progression annuelle. Un apprenti qui rompt son contrat à 6 mois de la fin de sa 2e année et retrouve rapidement un employeur repart en 2e année, pas en 1re. La perte de rémunération se limite alors à la période de rupture, sans régression sur la grille.

Réforme 2025 des cotisations : pourquoi votre net va baisser ?
3 chiffres résument l'essentiel de cette réforme. 79% du SMIC : c'était l'ancienne limite d'exonération de cotisations sociales applicable aux apprentis, jusqu'au 31 décembre 2024. 50% du SMIC (soit 900,90 € brut mensuel) : c'est le nouveau seuil depuis janvier 2025, inscrit à l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale 2025 (JORF du 23 décembre 2024). 4 à 5% : c'est la baisse moyenne du salaire net pour les tranches concernées par ce changement.
La réforme a été actée dans le cadre du budget de la Sécurité sociale pour 2025 et s'applique à tous les contrats d'apprentissage en cours comme aux nouveaux contrats signés. Pour les évolutions du droit social qui jalonnent ces dernières années, celle-ci n'est pas anodine : elle touche directement la majorité des apprentis de plus de 18 ans dont la rémunération dépasse 900,90 € brut mensuel. En revanche, les tranches inférieures à ce seuil ne sont pas affectées, c'est le cas des moins de 18 ans en 1re et 2e année, et des 18-20 ans en 1re année.
Pour mesurer l'impact de façon tangible, voici ce que change concrètement la réforme sur la fiche de paie d'un apprenti de 22 ans en 2e année (1 075 € brut mensuel) :
Avant la réforme : grâce à une exonération portant sur 79% du SMIC, ce profil percevait environ 1 025 € net mensuel, avec des cotisations salariales réduites sur la quasi-totalité de son salaire.
Après la réforme : l'exonération étant ramenée à 50% du SMIC, le même apprenti perçoit désormais environ 975 € net. La différence atteint environ 50 € par mois, soit 600 € sur une année de formation complète, un écart loin d'être négligeable pour un budget serré.
Et côté employeur, combien ça coûte vraiment ?
L'apprentissage est souvent présenté comme une solution avantageuse pour les employeurs. C'est, dans les faits, régulièrement vrai. Les charges patronales sur les salaires d'apprentis bénéficient d'exonérations spécifiques : sur la fraction de salaire inférieure au seuil d'exonération (50% du SMIC après réforme 2025), l'employeur ne paie pratiquement aucune cotisation patronale. Pour une TPE qui recrute un apprenti de 20 ans en 2e année à 900 € brut mensuel, le coût en charges reste très marginal.
Et ce n'est pas tout. Les entreprises de moins de 250 salariés peuvent bénéficier de l'aide unique à l'embauche, fixée à 6 000 € pour la 1re année de contrat (Ministère du Travail, dispositifs d'aide à l'apprentissage, 2026). Sur un apprenti rémunéré à 900 € brut mensuel, cette aide représente l'équivalent de 6,7 mois de salaire brut. Autant dire que pour une très petite structure, l'apprentissage est quasi gratuit la 1re année. La gestion des rémunérations de ces contrats mérite néanmoins une attention rigoureuse pour ne manquer aucune aide ni aucune exonération applicable.
Un exemple chiffré pour illustrer. Une TPE du secteur tertiaire embauche un apprenti de 20 ans en 2e année. Coût brut annuel : 900 € multiplié par 12, soit 10 800 €. Après aide unique (6 000 €) et exonérations de charges patronales, le coût net réel tourne autour de 4 000 à 5 000 € la 1re année, soit bien moins que le coût d'un salarié en CDI au SMIC sur la même période.
Nous recommandons aux employeurs de vérifier chaque année leur éligibilité aux aides régionales et sectorielles, qui s'ajoutent à l'aide unique nationale. Certaines régions et branches professionnelles proposent des dispositifs complémentaires pouvant atteindre 1 000 à 2 000 € supplémentaires par an, sans démarche particulièrement complexe.
Aides et avantages qui s'ajoutent au salaire
Le salaire brut ne constitue qu'une partie de l'équation. L'apprenti cumule un double statut, salarié et étudiant, qui ouvre droit à un ensemble d'aides financières directes et d'avantages en nature dont beaucoup restent sous-utilisés, faute d'information au moment de la signature du contrat.
Aides au logement, transport et restauration
Ces dispositifs peuvent représenter plusieurs centaines d'euros par mois selon la situation personnelle de l'apprenti (sources : Action Logement et Service-public.fr, 2026). Il est utile de les recenser dès le début du contrat pour ne pas passer à côté :
- Aide Mobili-Jeune (Action Logement) : jusqu'à 100 €/mois pour les apprentis de moins de 30 ans, sous conditions de ressources et de type de logement (résidence principale, non logé par le CFA).
- APL apprenti : calculées sur les revenus et la composition du foyer, selon les mêmes règles que pour tout étudiant locataire en résidence principale.
- Aide au permis de conduire : 500 € forfaitaires pour les apprentis majeurs, financés par l'État via le CFA, sur demande explicite auprès du CFA.
- Tarifs réduits dans les restaurants universitaires (CROUS) : accessibles dans de nombreuses régions aux apprentis présentant leur carte d'étudiant des métiers.
- Prime d'activité : éligible si le salaire net mensuel dépasse environ 1 082 € (seuil 2026), avec un calcul intégrant l'ensemble des revenus du foyer.
Carte d'étudiant des métiers et autres dispositifs
La carte d'étudiant des métiers, délivrée par le CFA à l'entrée en contrat, constitue le sésame vers un écosystème d'avantages souvent ignorés. Voici les principaux dispositifs auxquels tout apprenti peut prétendre :
- Carte d'étudiant des métiers : accès aux réductions étudiantes dans les domaines culturels, sportifs et de transport (cinéma, musées, abonnements numériques, transports en commun).
- Exonération de taxe d'habitation : possible si les revenus de l'apprenti restent modestes, sur demande auprès du centre des impôts.
- Mutuelle d'entreprise : l'apprenti y adhère au même titre que tout salarié, avec portabilité possible en fin de contrat.
- Congés payés : 5 semaines annuelles légales, auxquelles s'ajoutent 5 jours ouvrables supplémentaires avant les épreuves d'examen.
- Titres restaurant : selon la politique de l'employeur, les apprentis peuvent y avoir droit comme tout salarié de l'entreprise, les titres restaurant représentent un avantage en nature non négligeable qui vient compléter la rémunération nette.
FAQ : Tout savoir sur le salaire des apprentis en 2026
Mon salaire apprenti augmente-t-il automatiquement à mes 18 ans ou 21 ans ?
Oui, l'augmentation est automatique et ne nécessite aucun avenant au contrat. Elle prend effet le 1er jour du mois civil suivant votre date d'anniversaire. Si vous fêtez vos 18 ans le 20 mars, votre nouveau salaire s'applique à partir du 1er avril, sans aucune démarche de votre part.
Quel est le salaire net d’un apprenti de 20 ans en 2e année après la réforme 2025 ?
Le salaire brut d'un apprenti de 18-20 ans en 2e année est de 900 € brut (51% du SMIC 2026). Depuis la réforme des cotisations de 2025, l'exonération est ramenée à 50% du SMIC. Le salaire net estimé s'établit autour de 850 à 860 €, selon les cotisations spécifiques à l'entreprise et la convention collective applicable.
Est-ce que mon salaire apprenti est imposable sur le revenu ?
Votre rémunération d'apprenti est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite d'un seuil annuel réévalué chaque année. En 2026, ce seuil s'établit à environ 19 744 €. En pratique, la quasi-totalité des apprentis reste bien en deçà de ce plafond et ne paie aucun impôt sur les revenus issus de leur contrat. Seul un éventuel excédent serait soumis à la fiscalité ordinaire.
Puis-je toucher la prime d’activité en étant apprenti ?
Oui, sous conditions de ressources. Votre salaire net mensuel doit dépasser environ 1 082 € (seuil 2026), et la CAF tient compte de l'ensemble des revenus de votre foyer. Les apprentis en 3e année ou dans les tranches d'âge supérieures sont les premiers à remplir les critères d'éligibilité à ce dispositif.
Mon employeur peut-il me payer plus que le minimum légal ?
Tout à fait. Le minimum légal constitue un plancher, jamais un plafond. L'employeur est libre de proposer une rémunération supérieure à tout moment. Dans les secteurs sous tension de main-d'œuvre, un salaire plus attractif est un levier réel pour recruter et fidéliser les meilleurs profils en alternance.
Que se passe-t-il si je redouble une année en apprentissage ?
En cas de redoublement, votre salaire est maintenu au niveau de l'année que vous recommencez : aucune régression salariale n'est appliquée. Si le contrat doit être prolongé pour permettre ce redoublement, la convention collective applicable peut prévoir des dispositions spécifiques sur les conditions et la durée de cette prolongation.
Les heures supplémentaires sont-elles rémunérées pour un apprenti ?
Oui, comme pour tout salarié soumis au Code du travail. Les heures effectuées au-delà de 35 heures par semaine sont rémunérées avec les majorations légales : 25% pour les 8 premières heures supplémentaires, 50% au-delà. Pour les apprentis de moins de 18 ans, la durée maximale de travail journalière est toutefois plus strictement encadrée par la réglementation.
En cas de rupture de contrat, est-ce que je perds mon salaire immédiatement ?
Non. Le salaire reste dû jusqu'à la date effective de rupture du contrat. Selon le motif de la rupture (démission après la période d'essai de 45 jours, accord mutuel, faute grave de l'employeur), un préavis peut s'appliquer. Des indemnités de fin de contrat sont également possibles selon les dispositions conventionnelles et la nature de la rupture.
Que faire si mon employeur ne respecte pas la grille de rémunération ?
L'employeur qui ne verse pas les minima légaux ou conventionnels s'expose à un rappel de salaire pour les sommes non versées, assorti d'intérêts légaux. Vous pouvez saisir le Conseil des prud'hommes ou alerter l'inspection du travail. Conservez toutes vos fiches de paie et comparez les montants perçus aux barèmes en vigueur au moment du contrat. Si les cotisations ont été mal calculées, l'URSSAF peut également être alertée.
Le remboursement des frais de transport est-il obligatoire pour un apprenti ?
Oui. Le remboursement à hauteur de 50% des frais d'abonnement aux transports en commun est obligatoire dès lors que vous les utilisez pour vous rendre au travail, comme pour tout salarié. En revanche, aucune prime n'est automatiquement due au-delà de cette obligation : le 13e mois, par exemple, dépend de la convention collective ou d'un accord d'entreprise. Dans certains secteurs comme la banque, l'assurance ou l'industrie, il est prévu et s'applique aux apprentis au même titre qu'aux autres salariés.
Pour anticiper les variations de salaire tout au long du contrat (anniversaire, passage d'année de formation, revalorisation du SMIC), nous vous recommandons de construire un prévisionnel mensuel dès la signature. Cela permet d'ajuster votre budget personnel et d'anticiper les impacts de la réforme des cotisations sur votre net réel.
📚 SOURCES
- Service-public.fr : Contrat d'apprentissage, Rémunération (consulté septembre 2026). Base SMIC mensuel brut 2026 : 1 801,80 €.
- Loi de financement de la sécurité sociale 2025, article 12 (JORF du 23 décembre 2024) : réforme du taux d'exonération de cotisations sociales pour les apprentis (passage de 79% à 50% du SMIC).
- Légifrance, Code du travail, article D6222-26 : règles de calcul et de révision du salaire de l'apprenti, changement de tranche d'âge.
- Légifrance, Code du travail, article L6222-37 : majoration de 15 points pour les apprentis en reconversion et dispositions spécifiques aux apprentis en situation de handicap.
- Alternance-professionnelle.fr : Salaire contrat d'apprentissage, majorations secteur public (2026).
- Ministère du Travail : Dispositifs d'aide à l'apprentissage, aide unique à l'embauche (6 000 € pour les entreprises de moins de 250 salariés), 2026.
- Action Logement : Aide Mobili-Jeune (jusqu'à 100 €/mois pour les moins de 30 ans en apprentissage), 2026.