Beaucoup de futures mamans s'attendent à percevoir leur salaire habituel pendant le congé maternité. La réalité est souvent plus sèche : des indemnités journalières plafonnées, calculées sur une base brute allégée, qui peuvent amputer 20 à 30 % du revenu mensuel net selon votre niveau de rémunération. Le premier versement CPAM, inférieur au salaire attendu, peut réellement surprendre.
TL;DR : Cet article en bref
- Plafond des IJ maternité fixé à 104,02 € par jour en 2026 (environ 3 120 € mensuels maximum) ; les charges sociales de 21 % (CSG/CRDS) sont déduites automatiquement avant versement.
- Calcul sur les 3 derniers mois de salaire brut divisés par 91,25 : pour 2 500 € brut mensuel, l'IJ nette approche 65 € par jour ; pour 4 000 €, elle est plafonnée avant même la déduction.
- Le maintien à 100 % existe seulement via convention collective (métallurgie, banque, fonction publique) ; sans clause, aucune obligation légale pour l'employeur.

Qui verse les indemnités pendant le congé maternité ?
C'est la CPAM (Caisse Primaire d'Assurance Maladie) qui prend en charge le versement des indemnités journalières de sécurité sociale dès le premier jour du congé maternité, sous réserve de remplir les conditions d'affiliation et de cotisation prévues par le Code de la Sécurité sociale.
L'employeur, lui, n'est légalement tenu à aucun versement complémentaire : tant que votre convention collective ou votre contrat de travail n'imposent rien, l'entreprise peut tout à fait se contenter de transmettre votre attestation de salaire à la CPAM sans débourser un centime supplémentaire.
Pourtant, dans de nombreuses branches professionnelles, l'employeur pratique la subrogation : il maintient votre salaire habituel et récupère directement les IJ auprès de la CPAM, ou verse un complément pour combler l'écart entre les indemnités et votre rémunération nette habituelle.

Combien toucherez-vous par jour en congé maternité ?
Le calcul part des 3 derniers mois de salaire brut, additionnés puis divisés par 91,25, le coefficient représentant le nombre moyen de jours dans un trimestre. Ce résultat constitue votre « salaire journalier de base ». La CPAM applique ensuite une déduction globale de 21 % (charges sociales incluant la CSG et la CRDS) pour obtenir l'indemnité journalière nette versée chaque jour de congé. À noter : les primes versées pendant ces 3 mois de référence entrent dans l'assiette, ce qui peut jouer en votre faveur.
En pratique, les écarts avec votre salaire habituel peuvent être substantiels. Pour un salaire brut mensuel de 2 500 €, le salaire journalier de base ressort à environ 82 € (7 500 ÷ 91,25), et l'indemnité nette tombe à environ 65 € après déduction des 21 %. Pour un salaire brut de 4 000 €, le même calcul donne 131 €, mais l'indemnité sera directement plafonnée à 104,02 €, avant même l'abattement social. C'est le plafond qui pénalise en priorité les revenus intermédiaires et élevés.
Les plafonds qui encadrent vos indemnités journalières
En 2026, les bornes réglementaires sont claires : plancher à 11,12 € par jour et plafond à 104,02 €, selon les données publiées par Ameli.fr. Ces 2 valeurs s'imposent à toutes les salariées du régime général, quelle que soit la taille de l'entreprise ou le secteur d'activité.
Ce plafond pénalise proportionnellement davantage les revenus supérieurs. Une salariée percevant 2 500 € brut par mois sera indemnisée à environ 80 % de son salaire net, quand une cadre rémunérée à 5 000 € brut verra ses IJ couvrir moins de 60 % de son revenu habituel. L'écart mensuel peut alors dépasser 1 000 €, une réalité que beaucoup de femmes cadres découvrent seulement au moment du premier versement.
Vérifiez votre relevé de prestations sur votre espace Ameli dès les premières semaines du congé. Une erreur dans le salaire de référence transmis par l'employeur (mois manquants, prime exclue à tort) peut minorer vos indemnités pour toute la durée du congé, et la correction rétroactive prend du temps.

Maintien de salaire par l'employeur : ça dépend de votre convention
Le versement de la CPAM constitue un plancher légal, pas une garantie de maintien de votre revenu.
C'est d'autant plus décisif que l'écart entre votre indemnité journalière nette et votre salaire habituel peut atteindre plusieurs centaines d'euros par mois, selon votre niveau de rémunération.
Tout dépend alors de votre convention collective : certaines branches imposent à l'employeur de combler intégralement cet écart, d'autres restent silencieuses, laissant les salariées face à une perte sèche.
Quelles conventions prévoient un maintien à 100% ?
Plusieurs branches professionnelles ont négocié un maintien de salaire à 100 % pendant le congé maternité, sous réserve d'une ancienneté minimale (souvent 1 an) et via la pratique de la subrogation par l'employeur. Les secteurs les plus protecteurs sont les suivants :
- Métallurgie : maintien à 100 % du salaire net dès 1 an d'ancienneté, pour toute la durée légale du congé.
- Banque et établissements de crédit : maintien intégral du salaire, avec des conditions d'ancienneté variables selon les accords de branche.
- Chimie : complément employeur pour atteindre 100 % du salaire brut après 1 an de présence dans l'entreprise.
- Fonction publique (titulaires et contractuels) : plein traitement maintenu pendant toute la durée du congé maternité, sans condition d'ancienneté particulière.
- Assurance : maintien partiel ou total selon les accords de branche, avec subrogation fréquente de l'employeur.
Et si votre convention est silencieuse ?
Sans clause de maintien dans votre convention collective ou votre contrat de travail, l'employeur n'est soumis à aucune obligation de complément. La situation peut paraître bloquée, mais plusieurs leviers restent à votre disposition avant de partir en congé. Voici les 3 réflexes à adopter :
- Consultez la version intégrale de votre convention collective (pas seulement le résumé) auprès du service d'administration du personnel ou sur le site Légifrance.
- Vérifiez l'existence d'un accord d'entreprise ou d'un contrat de prévoyance collective, que certaines entreprises ont souscrit en complément de la convention de branche et qui peut prévoir un maintien partiel ou total.
- Engagez une discussion avec votre employeur : certains acceptent un maintien volontaire, surtout si votre poste est difficile à couvrir en urgence.
Quelques cas particuliers à surveiller de près…
Le calcul des IJ paraît mécanique, mais plusieurs situations courantes peuvent modifier sensiblement le montant que vous percevrez. Mieux vaut les identifier avant votre départ :
- ⚠️ Temps partiel : vos indemnités journalières sont proratisées à hauteur de votre quotité de travail ; à 80 %, votre base de calcul est réduite d'autant, ce qui aggrave l'écart avec un salaire temps plein.
- ⚠️ Pluriactivité : si vous avez plusieurs employeurs, leurs salaires s'additionnent dans la base de calcul ; la règle est favorable, mais le plafond journalier de 104,02 € reste unique et s'applique à la somme totale.
- ⚠️ Congé pathologique de grossesse : les semaines accordées en cas de complications médicales sont indemnisées au titre du régime maladie, soit 50 % du salaire journalier de base, et non au titre de la maternité ; la différence peut être importante.
- ⚠️ Arrêt maladie dans les 3 mois précédant le congé : les mois non travaillés sont exclus de la base de calcul des IJ maternité, ce qui peut réduire notablement le montant perçu pendant toute la durée du congé.

Fiscalité et charges : ce qui change sur votre feuille d'impôts
Les 21 % de CSG et de CRDS sont prélevés directement par la CPAM lors du calcul de vos indemnités journalières, avant tout versement. Vous ne subissez donc pas de double ponction à ce stade, et le montant net affiché sur votre attestation de paiement est bien ce que vous percevez réellement.
Ce prélèvement en amont ne signifie pas pour autant que vos IJ sont exonérées d'impôt sur le revenu. Les indemnités journalières de maternité sont bel et bien imposables, et si l'administration fiscale pré-remplit votre déclaration avec les montants communiqués par la CPAM, aucun prélèvement à la source n'est effectué sur ces sommes en cours d'année : un solde à payer peut donc apparaître l'année suivante, parfois de façon surprenante.
Nous vous recommandons de provisionner environ 10 à 15 % du montant de vos IJ mensuelles pour anticiper la régularisation fiscale l'année suivante. Cette précaution simple évite une mauvaise surprise lors de la réception de votre avis d'imposition.
Les démarches pour toucher vos indemnités sans accroc
Pour percevoir vos IJ dans les délais prévus, 4 étapes structurent votre parcours administratif, de la déclaration de grossesse au premier virement. Un logiciel de gestion des congés peut faciliter la coordination avec votre service RH pour certaines de ces formalités :
- Déclarez votre grossesse avant la 14e semaine d'aménorrhée auprès de votre caisse d'Assurance Maladie (formulaire cerfa S3702) et de votre employeur.
- Envoyez le certificat médical d'arrêt de travail pour maternité à la CPAM au moins 8 semaines avant la date prévue de début du congé prénatal.
- Le premier versement intervient généralement 7 à 10 jours après le début du congé, par virement bancaire direct sur votre compte.
- Vérifiez le montant reçu sur votre espace Ameli dès les premières semaines ; en cas d'anomalie, contactez votre CPAM sans attendre pour corriger la base de calcul.
FAQ : Tout savoir sur la rémunération pendant le congé maternité
Mon employeur peut-il me demander de prendre des congés payés avant le congé maternité ?
Non, votre employeur ne peut pas vous imposer de poser des congés payés pour anticiper votre départ en congé maternité. Ce serait contraire au droit du travail. Vous pouvez en revanche choisir volontairement d'accoler vos congés payés à votre congé maternité pour prolonger votre absence. Dans ce cas, les congés non pris avant la date de départ prévue doivent être reportés et vous être accordés dès votre retour effectif dans l'entreprise.
Que se passe-t-il si je reprends le travail plus tôt que prévu ?
La reprise anticipée est possible, mais encadrée. Les indemnités journalières cessent immédiatement à la date de reprise effective, sans prorata ni versement complémentaire. Vous devrez au préalable obtenir l'aval de votre médecin (qui établit un certificat de reprise) et en informer la CPAM avant la reprise. L'employeur peut également conditionner votre retour à une visite médicale de reprise auprès du médecin du travail, obligatoire dès lors que l'absence a dépassé 30 jours.
Les indemnités de congé maternité comptent-elles pour ma retraite ?
Oui. Les périodes de congé maternité sont assimilées à des périodes d'activité pour le calcul de la retraite. Chaque tranche de 90 jours d'IJ maternité valide 1 trimestre, qui s'intègre dans votre durée d'assurance totale et peut vous aider à atteindre le taux plein. Les montants d'IJ perçus entrent également dans le calcul du salaire annuel moyen, base de référence pour la pension du régime général.
Puis-je cumuler congé maternité et activité partielle (chômage partiel) ?
Non, le congé maternité et l'activité partielle sont incompatibles sur la même période. Dès le début du congé, l'indemnisation au titre de l'activité partielle est suspendue et les indemnités journalières de maternité prennent intégralement le relais. Vous ne pouvez pas percevoir 2 régimes d'indemnisation simultanément pour les mêmes jours. Si votre entreprise est placée en activité partielle au moment de votre congé, vos IJ maternité s'appliquent sans réduction.
Comment sont calculées les IJ si j’ai plusieurs employeurs ?
Chaque employeur est tenu de transmettre une attestation de salaire à la CPAM pour la période de référence des 3 derniers mois. La CPAM additionne ensuite l'ensemble des rémunérations pour établir votre base de calcul :
- Tous les salaires bruts perçus auprès de l'ensemble de vos employeurs s'additionnent dans l'assiette de calcul.
- Le plafond journalier de 104,02 € s'applique sur la somme totale, et non par employeur séparément.
- En cas d'attestation manquante d'un employeur, la CPAM calcule sur la base incomplète, ce qui minore vos IJ ; relancez immédiatement l'employeur concerné.
Le congé pathologique est-il mieux indemnisé que le congé maternité classique ?
Non, c'est au contraire moins favorable. Le congé pathologique de grossesse est traité comme un arrêt maladie ordinaire : il est indemnisé à 50 % du salaire journalier de base, contre 100 % (avant plafonnement) pour le congé maternité légal. La différence peut être substantielle pour les revenus intermédiaires. À noter : au terme de votre congé maternité, vous pouvez enchaîner avec un congé parental d'éducation, qui répond à une logique d'indemnisation totalement différente.
📚 SOURCES
- Ameli.fr (2026) : Montants des indemnités journalières de maternité au 1er janvier 2026 (plancher 11,12 €, plafond 104,02 €), page « Congé maternité salarié »
- Code du travail numérique (2026) : Conditions d'indemnisation et modalités de calcul des IJ maternité, contribution n°2120
- Prévissima (2026) : Formule de calcul des indemnités journalières maternité (salaire des 3 mois ÷ 91,25)
- Juritravail (2026) : Maintien de salaire selon les conventions collectives pendant le congé maternité
- URSSAF (2026) : Plafond de la Sécurité sociale au 1er janvier 2026